Quelle place pour l’IA dans le monde de l’assurance ?

Signe de l’accélération de la transformation digitale de ce secteur, en décembre 2020, Finance Innovation a rassemblé lors d’un webinar, quatre acteurs du secteur de la santé résolument tournés vers l’innovation autour du thème : « IA en santé : Quels nouveaux modèles émergents pour un accès soutenable à l’innovation ? ».

Jouve, spécialiste de la data et des usages numériques, qui simplifie et personnalise les parcours digitaux, Harmonie Mutuelle, entité du Groupe VYV, premier groupe de protection sociale en France, et 2 startups, Qape, nouvelle assurance santé, et Santexpat.fr, comparateur d’assurance santé pour les expatriés.

Ce webinar a permis d’illustrer la place majeure désormais occupée par l’IA en santé. D’une part, des solutions sont développées permettant un accompagnement du diagnostic médical à la gestion des parcours des patients via le pilotage par les données de santé. D’autre part, pour les établissements de santé et les assurances, des IA peuvent gérer le back-office logistique, administratif et financier.
Les intervenants ont montré la place majeure que prend l’IA en santé, et la nécessaire régulation éthique de son déploiement.

David Gruson directeur du programme santé de Jouve, a soulevé les points cruciaux dans la démarche éthique à respecter, à la fois dans le parcours de soins, mais aussi lors du traitement administratif du dossier patient.
« Il y aura 2 conditions à respecter l’IA en santé : informer le patient de l’utilisation de l’IA dans son processus de prise en charge et d’autre part la mise en place d’une supervision humaine sur les algorithmes utilisés.»
« Exemple avec KYP solution d’IA de l’admission en établissement de santé qu’on a développé avec Jouve avec la technologie d’on-boarding utilisée dans le secteur bancaire. On va amener le patient à faire des photos de ses documents (CNI….) et l’IA va collecter les données à partir de la reconnaissance d’image et les injecter dans le système d’information de l’hôpital. Cela permet d’être plus efficace, et dans le contexte épidémique que nous connaissons, cela évite la concentration des populations devant les guichets d’admission. A cela s’ajoute le gain d’un ROI quand la solution est interopérable avec les outils de gestions administratifs de l’établissement qui peut faire baisser jusqu’à 40% le cout de l’admission.»

Nadia Kamal, dirige la filière innovation d’Harmonie Mutuelle. Elle a précisé comment l’IA pouvait aider les professionnels de santé et permettait d’agir plus efficacement en prévention, ce qui permet au patient d’être en meilleure santé, car il est pris en charge plus tôt avec déjà des soins plus légers.

« Comment se met en place l’IA au service de la santé et du monde des soins ? On parle chez nous de la médecine des 4 P : prévention, prédiction, médecine personnalisée et médecine participative. On peut intervenir à différents endroits au niveau de la prévention grâce à des calculs. On analyse de grandes cohortes dont on peut extraire certaine datas et avoir des estimations de prévention en fonction des publics, tout cela dans une démarche de réglementation française très stricte et très respectée.»
« Nous nous activons aussi dans le dépistage au niveau particulièrement des déserts médicaux ou il manque des équipements, notamment en radiologie. On a vu l’émergence de système qui permette d’aider à la décision pour certain radiologue, pas forcément spécialiste et qui peuvent ainsi utiliser l’IA pour les imageries les plus simples. Cela libère du temps pour les radiologues, dont on sollicite l’avis et l’oeil uniquement pour les imageries plus compliquées. Cela on peut le faire dans le cadre de la télémédecine et la téléconsultation dans des zones fragilisées par des systèmes médicaux inexistants ».
« il y a 2 notions dans ce que je veux transmettre. Il y a une notion d’apprentissage. Apprendre aux professionnels de santé, ces nouvelles technologies et leurs faire comprendre quelles ne sont pas là pour le remplacer mais pour l’aider et soigner beaucoup plus de personnes et d’autre part il y a cette notion du dépistage plus rapide qui permet des soins plus rapides et donc un état des patients plus intéressants. »

Christophe Cuniasse, Health directeur de Qape, indique que la démarche éthique fait partie des éléments fondateurs de la startup. Les algorithmes sont là aussi pour améliorer le parcours de soins.

« On a aujourd’hui un positionnement qui est éthique car depuis 2019, c’est la seconde année consécutive, à la demande du bureau Véritas, on a participé à un audit pour être labellisé assurance santé Ethique. Qu’est ce que cela veut dire ? cela veut dire que l’on met les bénéficiaires au centre du système et cela reviens aussi à dire comment on se positionne aujourd’hui sur le marché de l’assurance santé. QAPE est une assurance santé qui se veut être accessible à tous, simple et efficace ».
« D’abord une offre transparente, éthique et accessible à tous, je vous ai déjà parlé du fait qu’il n’y avait aucune sélection, cela veut dire d’aujourd’hui quand on développe nos offres de mutuelle on a considéré que le coût du contrôle était supérieur au risque, il n’y a pas de tests médicaux, c’est le même tarif pour un jeune retraité que pour un retraité du 4 ème âge »
« On va partir du parcours de soins, on va partir de la vraie vie. Je vais vous expliquer ce qui se passe aujourd’hui et ce que l’on a pu mettre derrière et comment est-ce qu’aujourd’hui on peut dire qu’on intègre l’IA au sein de notre parcours de soin. »
« Vous imaginez une patiente, une adhérente qui se pose des questions. Elle va pouvoir se connecter directement avec son téléphone sur la plateforme Kovers-e santé ou le premier service que l’on propose est un service d’auto-diagnostic. Vous allez entrer un certain nombre d’informations, homme, femme, j’indique mon âge et mes symptômes. S’ensuit une anamnèse du patient, qui va se réaliser et on ne va pas se substituer à un diagnostic médical, mais on va permettre à la personne qui utilise ce service de pouvoir déterminer s’il y a un caractère urgent face aux symptômes évoqués »

Jean Christophe Pandolfi, fondateur de Santexpat.fr a démontré que sur un secteur doté de nombreuses compagnies et produits d’assurances, l’IA et les algorithmes sont un moyen efficace de faire une sélection pertinente pour proposer des solutions d’assurances personnalisées.

« Je vous parlais d’algorithme, en fait lorsque le prospect arrive sur notre plateforme, comme nous travaillons avec 12 assureurs et chaque assureur ayant une multitude de solutions d’assurance, il se retrouve confronté à peu près 150 solutions d’assurances. Pour permettre au prospect ou à l’internaute de s’y retrouver, au milieu de ces 150 offres nous avons fait un algorithme qui permet en fonction de l’âge, de la composition familiale, ou des coûts spécifiques de santé, du pays d’expatriation, de sélectionner et réduire la sélection à 3 offres qui sont extensibles, mais à 3 offres. Cela permet à l’internaute d’avoir un vrai conseil tout à fait adapté à son profil »
« Nous nous sommes rendu compte et à la demande de certains de nos partenaires que l’expatriation de courte durée, notamment pour des missions professionnelles de courte durée étaient assez complexes. Notamment au sein des grands groupes ou centraliser les besoins et les déplacements de tous leurs salariés, et même en période covid, les appels de prime de la part des assureurs étaient disproportionnés à la réalité du déplacement. Donc de là nous est venus l’idée de développer une application qui permet de couvrir le salarié pendant sa mission uniquement grâce à l’activation de l’assurance au bornage du téléphone hors France et la désactivation lorsque le salarié revient en France. C’est une démarche complète totalement RGPD, puisque le bornage n’est pas une géolocalisation très spécifique du salarié mais uniquement un bornage au niveau du pays. L activation de cette couverture peut être suspendue par le salarié pour ses voyages privés bien sûr, préalablement au voyage ».

Si vous souhaitez revoir le replay de cet évènement, il est disponible sur ce lien